Oog & Naald
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21 augustus 2010 »
In Memoriam Herman Leonard
“Le Jazz avait déjà ses poètes, ses historiens, ses techniciens. Il a trouvé son photographe, un témoin (objectif) qui tourne vers lui le regard aigu et rigoureux de la caméra. C’est un Yankee à barbiche. Il s’appelle Herman Leonard. Son nom n’est pas présent à l’esprit de tous les amateurs de jazz. Cependant, au même titre que Barry Ulanov, André Hodier ou Hugues Panassié et peut-être encore, il est l’indispensable intermédiaire entre le jazzman et le jazzfan, celui qui donne aux amateurs du monde entier la vision concrète des hommes qu’ils admirent mais dont ils ne connaissent souvent qu’imparfaitement les attitudes, les mimiques, le visage, si révélateurs. Herman n’est pas un simple photographe et c’est la conjoncture de ses passions, celle du jazz et celle de la photo, qui a fait de lui l’un des personnages les plus considérables des mondes du jazz et de la photo.”
Daniel Filipacchi, Jazz Magazine, mars 1957

Charlie Parker Savoy- Musidisc Photo Herman Leonard
(Herman Leonard) démobilisé en (19)45, il revient à sa passion, le monde de la musique, tout en terminant ses études. L’année suivante, il assiste à un concert de jazz armé d’un “speed graphics”, un appareil photographique de presse qui utilise des films de 4x5 inches qu’Herman conditionne à la vapeur de mercure afin d’en augmenter la sensibilité: “Pour ce concert, j’avais installé deux flashes: un fixé au plafond, l’autre sur l’appareil. Le flash solidaire de l’appareil n’a pas functionné. J’ai ainsi obtenu, involontairement, une lumière de contrejour, silhouttant un trompettiste qui avait une cigarette à la main. L’éclair du flash avait dessiné la fumée. J’ai beaucoup aimé cet effet, alors inhabituel, et par la suite je me suis efforcé de travailler ce type de lumière… A cette époque, le travail du photographe et cinéaste Gjon Mili m’impressionnait, sa façon d’éclairer les sujets m’a beaucuop inspiré. Il était pour moi un des rares photographes à avoir une approche artistique. Tous les autres, à ma connaissance, ne faisaient que du reportage ou du portrait “studio” très académique.”
Grand admirateur, aussi, du célèbre portraitiste Yousuf Karsh, Herman, en 1947 décide d’aller a Ottawa afin de le rencontrer. Intéressé par les travaux de ce jeune enthousiaste, Karsh lui propose d’être pendant un an son premier assistant. Expérience inoubliable s’il en fut; les sujets de Karsh se nomment Einstein, Eisenhower, Truman, sans parler des stars de Hollywood. “Grâce à lui, j’ai fait des rencontres inespérées et vécu des moments particulièrement enrichissants. Karsh savait communiquer avec sés modèles et traduire en image leur caractère, leur personnalité. C’est avec lui que j’ai compris l’importance de la relation qui s’établit entre le photographe et le photographié. Et puis, autre enseignement décisif, Karsh m’a montré l’importance de la qualité du tirage des épreuves.”

Billie Holiday, New York 1948
De retour à New York en 1948, Herman commence à réaliser avec une parfaite maîtrise une merveilleuse série de clichés et de reportages dans son univers favori: le jazz. Les musiciens apprécient sa discrétion, son respect de leur travail, et c’est grâce à leur complicité -une constante de son style- que ses images trouvent leur originalité. De ses témoignages sans précédent se dégagent la philosophie, l’humour des musiciens, mais aussi leurs émotions, mélancholie ou ravissement. L’on serait tenté de dire que c’est l’âme des jazzmen que nous dévoile Herman.
Francis Paudras,
Herman Leonard “L’oeil du Jazz”
Editions Filipacchi. 63, Champs-Elysées, 75008 Paris
Je me souviens Herman Leonard avec tendresse …

Barclay 82286 Standard Photo Herman Leonard
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